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Samedi 19 avril 2008
A la demande d'Enro, je vous livre six choses non importantes sur moi :

  • Je dors sans oreiller
  • Je suis passionné de politique depuis l'âge de 11 ans
  • Je n'ai pas changé d'écriture depuis que j'ai appris à écrire
  • Je suis né le jour de ma fête, alors que mon prénom était choisi bien avant ma naissance
  • J'ai décidé à 19 ans de porter le nom de ma mère en plus du nom de mon père, quand j'ai appris en faculté de droit l'existence de ce droit et constaté que rien ne justifiait le port exclusif du nom patronymique
  • Je suis strictement fidèle à mon coiffeur depuis 10 ans alors que j'habite désormais à plus de 650 km de son salon et que j'ai une coiffure tout à fait banale
Je passe le relais à Valérie et vous communique le règlement :

  1. Mettre le lien de la personne qui vous tague
  2. Mettre le règlement sur votre blog
  3. Mentionner 6 choses/habitudes/tics non importants sur vous-même
  4. Taguer 6 personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens
  5. Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées
par Guillaume
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Jeudi 3 janvier 2008
Tout d'abord, je souhaite à tous les lecteurs de mon blog une heureuse année 2008.

Après plus de 6 mois de silence sur cet espace, l'actualité m'amène à poster à nouveau, et en particulier la lecture d'un article de presse relatant le déplacement de deux ministres dans une entreprise pour expliquer la politique du Gouvernement en matière d'heures supplémentaires.

Ainsi, ceux qui se réjouissent que ce blog reprenne vie peuvent adresser leurs remerciements à Madame la Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi pour les propos qu'elle a tenus le 3 janvier 2008, relatés dans cette dépêche Reuters :

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-33780358@7-37,0.html
http://www.libe.fr/actualite/reuters/reuters_france/301629.FR.php
http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080103/tts-france-travail-lagarde-bertrand-ca02f96.html

Ces derniers temps, quand je discutais avec des proches ou des amis du slogan "Travailler plus pour gagner plus" et de ce qu'il impliquait, je rappelais fréquemment qu'en donnant le choix aux Français entre "Travailler plus et gagner plus" ou "Travailler autant et perdre en pouvoir d'achat", on leur donnait en réalité le choix, dans bien des cas, entre "voir leurs enfants encore moins et leur permettre d'avoir un confort matériel minimum" ou "voir leurs enfants autant qu'avant et ne plus pouvoir leur payer le nécessaire". Quand je présentais cette réforme sous cet angle, on m'accusait assez vite de caricaturer et d'en faire un peu trop.

Je n'imaginais pas que Madame Christine LAGARDE allait confirmer explicitement que cette idée était au coeur du dispositif du Gouvernement :

"Vous avez le choix. Si vous préférez être avec les enfants...", a insisté Christine Lagarde en s'adressant à un salarié, "Vous préférez être avec les enfants ? D'accord !".

Oui, vous avez bien lu : si vous perdez du pouvoir d'achat, Mesdames et Messieurs, c'est tout simplement que vous passez trop de temps avec vos enfants ! Madame LAGARDE n'est visiblement pas au courant que lorsqu'on travaille 35 heures par semaine, on revient bien souvent tard le soir et on ne voit déjà pas beaucoup ses enfants. Madame LAGARDE ne sait visiblement pas que nombreuses sont les femmes qui travaillent le week-end et ne voient donc pas leurs enfants parce qu'il faut bien les nourrir. Madame LAGARDE ne comprend pas que travailler plus, pour de nombreux salariés, femmes ou hommes, signifie renoncer au peu de temps qu'ils arrivent encore à passer avec leurs enfants.

Rassurez-vous, Madame LAGARDE vous donne le choix ; elle garantit votre entière liberté : soit vous préférez être avec les enfants et vous ne venez pas vous plaindre de ne plus pouvoir leur offrir de cadeaux à Noël, soit vous renoncez à les voir et vous pourrez maintenir votre pouvoir d'achat.

Au fait, tout le monde a bien compris que pour maintenir son pouvoir d'achat en 2008, il faudra travailler plus qu'en 2007, mais... en 2009, pour maintenir son pouvoir d'achat, faudra-t-il travailler davantage qu'en 2008 ? Et en 2010 ?

Avant d'examiner ces questions sur un plan plus philosophique, analysons brièvement cette question du "travailler plus pour gagner plus" sous l'angle économique. Disposer d'un pouvoir d'achat constant (c'est-à-dire pouvoir acheter autant de biens et services que durant la période précédente) nécessite de bénéficier d'une augmentation de ses revenus égale à l'inflation. Le Gouvernement répond que pour cela, il faut augmenter son temps de travail. Cela signifie que toute augmentation de salaire horaire est exclue.

En ce cas, qu'attend le Gouvernement pour expliquer aux Français le raisonnement économique qui lui permet de faire reposer l'intégralité de l'effort sur les salariés et de ne rien exiger des entreprises ?

Les résultats financiers des entreprises françaises sont-ils si déplorables qu'ils empêchent catégoriquement l'augmentation (mesurée, certes, mais effective !) des salaires horaires de leurs salariés ? Tous les chiffres montrent l'inverse.

Pourquoi ce qui était possible jusqu'à aujourd'hui (augmentation régulière, dans des proportions proches de l'inflation, des salaires horaires) ne l'est plus depuis que Monsieur SARKOZY et son équipe sont au pouvoir ? Il y a quelques mois, il m'avait semblé lire qu'"ensemble, tout devient possible". Aujourd'hui, retour à la réalité : ce qui était encore possible avant Monsieur SARKOZY ne l'est même plus maintenant...

Les dernières enquêtes d'opinion montrent que 3 Français sur 4 ne font pas confiance à Monsieur SARKOZY pour préserver leur pouvoir d'achat et que moins d'1 Français sur 2 fait globalement confiance à l'actuel Président de la République. Comment en être surpris ?

Si le chef de l'Etat nouvellement élu respectait le mandat qui lui a été confié, il expliquerait aux citoyens ce qui justifie économiquement que les salaires horaires stagnent. Bien entendu, ce dogme n'est pas issu d'un quelconque raisonnement macroéconomique, mais de l'idéologie libérale qui guide la politique menée depuis 6 ans. En répondant à la question du pouvoir d'achat en culpabilisant les salariés (qui ne travailleraient pas assez), on évite habilement aux entrepreneurs de devoir répondre à la question des salaires horaires et de la différence inexplicable entre l'augmentation des bénéfices et l'augmentation des salaires.

Enfin, les réponses des salariés, dans la dépêche citée plus haut, aux remarques des ministres, montrent clairement que la réduction du temps de travail répondait à une véritable attente des salariés et que sa remise en cause ne sera pas aussi aisée que ce que le Gouvernement s'imagine. A titre anecdotique, l'organisation syndicale la plus virulente lorsque Monsieur SARKOZY affirme sa volonté de remettre en cause les 35 heures est... la CFDT, c'est-à-dire, de loin, le syndicat le plus modéré du paysage syndical français.

Alors non, Madame LAGARDE, il n'y a pas de honte à vouloir travailler autant pour gagner autant en pouvoir d'achat. Les salariés qui travaillent 35 heures et veulent conserver leur temps libre pour passer du temps avec leur famille ne sont pas des fainéants qu'il faut sanctionner en diminuant leur pouvoir d'achat. Ce sont des personnes suffisamment lucides pour savoir qu'aujourd'hui, les revenus des détenteurs de capitaux sont privilégiés par rapport aux revenus des travailleurs. Les revenus des plus aisés sont protégés à l'aide d'un "bouclier fiscal" pendant qu'on explique aux plus modestes qu'ils vont devoir travailler davantage pour pouvoir acheter autant.

Madame LAGARDE, pour reprendre votre expression, vous aussi, "vous avez le choix, si vous préférez privilégier les nantis..." ! Les Français pourraient bien vous répondre, dès mars 2008 : "vous préférez privilégier les nantis ? D'accord !".
par Guillaume publié dans : Social
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Lundi 21 mai 2007
Alors que les élections législatives se déroulent à peine plus d'un mois après les élections présidentielles, il semble logique que les candidats UMP s'appuient sur la victoire de Nicolas SARKOZY et appellent les électeurs à voter pour eux afin de donner une majorité parlementaire au Président de la République.

Par ailleurs, il est politiquement cohérent que l'UMP se fixe comme objectif d'obtenir la majorité absolue des sièges à l'Assemblée Nationale. Cela lui permettrait de ne pas avoir besoin d'alliance pour adopter les textes de lois proposés par le Gouvernement et souhaités par le chef de l'Etat.

On aura, en revanche, beaucoup plus de mal à me convaincre que la majorité absolue des sièges à l'Assemblée Nationale ne suffit pas à M. SARKOZY pour appliquer son projet et que seule l'éradication complète et définitive de toute forme d'opposition à l'Assemblée Nationale peut permettre au nouveau Président de la République de respecter ses engagements.

Idée farfelue, pensez-vous sans doute. C'est pourtant ce qu'explique, le plus sérieusement du monde, un candidat UMP aux élections législatives sur son site internet : "Les engagements pris par Nicolas Sarkozy ne pourront être respectés qu’avec le soutien d’une assemblée nationale unanime."

J'aimerais bien croire qu'il s'agit d'une simple maladresse, mais il me semble que cela démontre, au contraire, un certain état d'esprit et une certaine conception du pouvoir.

Aujourd'hui, en France, le chef de l'Etat est UMP, le Premier Ministre est UMP, les membres du Gouvernement sont presque tous UMP, l'Assemblée Nationale est à majorité UMP, le Sénat est majoritairement UMP. Lorsqu'on examine certaines institutions ou autorités devant se caractériser par leur indépendance et leur neutralité politique, on constate que le Conseil Constitutionnel est à majorité UMP et que son Président est UMP, que le Premier Président de la Cour des comptes est lui même une personnalité politique de l'UMP, etc.

Mais l'UMP vient quand même nous prévenir du péril qui nous guette si, par malheur, des députés de gauche étaient élus à l'Assemblée Nationale dans quelques jours.

A l'inverse, je pense que les élections législatives des 10 et 17 juin prochains doivent être l'occasion d'un grand rassemblement des forces progressistes et démocrates derrière les candidats de gauche. Tout d'abord, les 16 790 440 Français qui ont fait confiance à Ségolène ROYAL au 2e tour de l'élection présidentielle auront à coeur de rappeler au nouveau chef de l'Etat qu'ils n'approuvent pas son projet et qu'ils veulent, à l'Assemblée Nationale, des députés capables de dénoncer avec vigueur les aspects les plus néfastes des réformes souhaitées par l'UMP. Mais au-delà, parmi les Français qui se sont abstenus, qui ont voté blanc ou nul ou même qui ont voté pour M. SARKOZY, beaucoup sont conscients des risques que fait courir au pays une gigantesque concentration des pouvoirs dans les mains d'un même parti. Ceux-là savent qu'ils pourront faire confiance aux députés de gauche pour attirer l'attention des citoyens sur les attaques portées par l'Etat UMP contre les droits des salariés, contre la protection sociale, contre les services publics, contre les plus démunis.

Les 10 et 17 juin prochains, il faudra choisir entre confier à l'UMP la totalité du pouvoir politique dans notre pays, ce qui lui permettra de mettre en oeuvre les réformes qu'elle souhaite "sans complexe", en servant les seuls intérêts de son électorat et en ignorant les lourdes conséquences que ces mesures auront sur les classes moyennes et populaires, ou porter à l'Assemblée Nationale un maximum de députés de gauche, qui rappelleront à M. SARKOZY qu'il est aussi le Président de ceux qui souffrent et qu'il ne peut pas se permettre d'imposer aux 60 millions de Français une politique au service du MEDEF et des plus aisés.
par Guillaume publié dans : Politique
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Vendredi 18 mai 2007
Nicolas SARKOZY nous l'a répété, inlassablement, durant sa campagne : le vrai changement, la rupture, c'était lui. On n'allait plus faire de la politique comme avant. On allait rompre avec les dernières décennies.

Seulement voilà, la composition du "nouveau" Gouvernement a été annoncée ce matin, et pour le renouvellement des personnes, l'émergence de nouveaux talents et la confiance faite en une nouvelle génération... il faudra repasser.

Annoncée par les médias depuis plusieurs semaines, la nomination de François FILLON en qualité de Premier Ministre n'est pas une surprise. Ceci dit, M. FILLON a été ministre dans tous les gouvernements de droite de 1993 à 2005. A l'Enseignement supérieur sous Balladur, aux Télécommunications sous Juppé, aux Affaires Sociales sous Raffarin et à l'Education sous Villepin. C'est donc lui qui va rompre avec les pratiques du passé ?

Vient ensuite, dans l'ordre protocolaire, l'unique ministre d'Etat, n°2 du Gouvernement : Alain JUPPE. Ministre chargé du budget sous Chirac dès 1986, il fut ministre des affaires étrangères sous Balladur, puis Premier Ministre. Son bilan catastrophique a valu à la droite une lourde défaite aux élections législatives de 1997 (suite à la dissolution). En 2004, la justice le condamne dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. Sa peine d'inéligibilité étant terminée, le voilà de retour au sommet de l'Etat. La rupture avec les errements du passé, c'est avec lui ?

On trouve, juste après, Jean-Louis BORLOO. Il est membre du Gouvernement depuis 2002, sans interruption (à la Ville, puis à l'Emploi). Le "grand changement", c'est lui qui va l'incarner ?

Vient ensuite la première dame du Gouvernement, Michèle ALLIOT-MARIE. Secrétaire d'Etat sous Chirac dès 1986, elle fut ministre sous Balladur. Et comme M. BORLOO, elle n'a pas quitté le Gouvernement depuis 2002. Avec quoi peut-elle rompre ?

L'ordre protocolaire voit ensuite apparaître Bernard KOUCHNER. Membre de gouvernements de gauche de 1988 à 1993, puis de 1997 à 1999 et de 2001 à 2002, sa participation à ce Gouvernement sarkozyste risque fort de lui donner l'occasion de rompre avec ses valeurs. Mais en quoi peut-il contribuer à la rupture que souhaite un personnage dont il combat les idées depuis plusieurs décennies ?

Le ministre suivant s'appelle Brice HORTEFEUX. Il est membre du Gouvernement depuis 2005. C'est à lui qu'il faut faire confiance pour incarner un changement profond ?

Nous venons d'examiner le parcours du Premier Ministre et des 5 ministres les plus importants du Gouvernement qui vient d'être nommé. Nous pourrions continuer en évoquant, notamment, l'entrée au Gouvernement de Mme BOUTIN, connue pour la démonstration d'homophobie dont elle avait fait preuve lors du débat sur le PACS. Mais au-delà, qui peut croire que le nouveau Président de la République a l'intention de rompre avec les méthodes et les actes passés alors qu'il vient de reconduire les personnalités qui incarnent le plus ces pratiques d'un autre âge ?
par Guillaume publié dans : Politique
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Lundi 14 mai 2007
Une vive polémique agite actuellement les médias : Madame Cécilia SARKOZY se serait abstenu lors du 2e tour des élections présidentielles et un journal aurait renoncé à publier cette information suite à des pressions venant de l'entourage du nouveau Président de la République.

On peut légitimement s'interroger sur les risques de remise en cause de l'indépendance des médias que font courir les amitiés liant le futur chef de l'Etat à la plupart des patrons des grands groupes de presse. On peut également se demander comment l'épouse d'un candidat à la Présidence de la République peut décider, sans motif grave, de ne pas voter pour son mari. Mais j'aimerais néanmoins insister ici sur l'aspect juridique de cette question.

L'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 est très clair : "Le suffrage est toujours [...] secret." Dont acte.

Mais il n'a jamais été question, dans cette affaire, du suffrage exprimé par Madame SARKOZY. Il s'agit de savoir si Madame SARKOZY a voté, ou pas, le 6 mai 2007.

Certains (dont le directeur de la rédaction du JDD, le journal concerné) nous expliquent qu'il s'agit là de "la sphère privée", d'une question "très personnelle". Mais de qui se moque-t-on ?

Les listes électorales sont des documents publics, consultables par n'importe quel électeur, y compris pour vérifier qui a voté et qui ne l'a pas fait.

L'article L28 du Code électoral dispose : "Tout électeur, tout candidat et tout parti ou groupement politique peut prendre communication et copie de la liste électorale."

L'article R16 de ce même Code précise quant à lui : "Tout électeur peut prendre communication et copie de la liste électorale et des tableaux rectificatifs à la mairie, ou à la préfecture pour l'ensemble des communes du département à la condition de s'engager à ne pas en faire un usage purement commercial."

N'importe quel électeur est donc fondé à se rendre à la mairie de Neuilly-sur-Seine pour vérifier si Madame SARKOZY a voté ou pas le 6 mai dernier. Evoquer la "sphère privée" n'est qu'une façon de justifier "moralement" un silence vraisemblablement exigé par l'intéressée...
par Guillaume publié dans : Juridique
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